LINCEULS
UN RITUEL DE BEAUTÉ ET DE DOUCEUR POUR LE DERNIER VOYAGE
Pas à pas,
seul(e) ou ensemble,
couvrir l’aimé(e) une dernière fois.
L’entourer une dernière fois de beauté,
d’essence végétale,
portes d’entre-mondes
ET compagnes de route,
du dernier voyage
vers une naissance nouvelle
En créant ces linceuls, je réalise mon rêve d’offrir à mon corps pour ce dernier voyage juste un drap.
Mon rêve est que juste un drap le séparera des bras accueillants de la terre.
Juste un drap pour qu’il puisse s’abandonner à l’étreinte de la terre et devenir un.
En France il n’est pas encore légal d’enterrer à même la terre, mais la légalité ne saurait tarder.
Dans beaucoup de pays européens, en Angleterre et aux États-Unis, cette pratique est courante depuis de nombreuses années.
Notamment dans les cimetières forestiers où on enterre un corps qu’avec des matières naturelles et sans aucun produit chimique.
Ceci dit, rien ne nous empêche d’envelopper un défunt d’un linceul avant de le déposer dans son cercueil. De faire ce rituel. De s’offrir ce geste intime et de se séparer avec douceur et beauté.
Je crois beaucoup à l’importance de la beauté dans ces instants, la beauté pour amener du réconfort. Surtout parce que je crois en la beauté comme lien avec Plus Grand, je crois que la beauté naît du Plus Grand.
En créant de la beauté, on se fait du bien, c’est une caresse pour le coeur et l’âme. Caresses dont on a grand besoin dans ces moments intenses.
Intégrer le monde végétal dans ce rituel fait sens pour moi car je pense que le règne végétal a un lien plus direct avec Plus Grand que nous. Il est comme un entre-mondes, et, de là, une porte.
C’est une idée vieille comme la nuit des temps. J’en ai pris conscience quand j’ai commencé à explorer la teinture et impressions végétales dans le but de devenir créatrice de linceuls biodégradables et éco-responsables. Pour mes premières impressions, c’est un bouleau de mon jardin qui m’a appelé. Ses empreintes m’ont bouleversée. Plus tard, j’ai lu que les druides celtes, considèrent le bouleau comme un arbre psychopompe. Les égyptiens, eux, fabriquaient des chapeaux de forme conique en écorce de bouleau. Ils pensaient qu’une fois placé sur la tête d’un défunt, il indiquerait à l’âme le chemin à prendre.
Composants:
La base des linceuls est fait de draps solides, sortis des armoires de nos anciens. Draps en coton, métisse ou lin. Les teintures et impressions sont faites avec des végétaux, ramassés par ci, par là.
Aidés par le feu et l’eau, les végétaux laissent leurs empreintes sur les draps, ce qu’ils veulent bien nous révéler. Je n’utilise pas d’alun ni aucun sel chimique pour mordancer. L’alun étant, certes, écologique mais non éco-responsable.
Il est possible de rajouter un petit oreiller, fait des mêmes tissus, rempli de flocons de laine de moutons du Morbihan.
Pour les tout petits corps je propose un linceul-cocon tout doux en laine feutrée.